30 01, 2009 categorie: ralentir travaux
Lecture 6 - Maurice Merleau-Ponty
Maurice Merleau-Ponty, L'oeil et l'esprit Eye and mind
p15
Le peintre est là, fort ou faible dans la vie, mais souverain sans conteste dans sa rumination du monde, sans autre « technique » que celle que ses yeux et ses mains se donnent à force de voir, à force de peindre, acharné à tirer de ce monde où sonnent les scandales et les gloires de l’histoire des toiles qui n’ajouteront guère aux colères ni aux espoirs des hommes, et personne ne murmure. Quelle est donc cette science secrète qu’il a ou qu’il cherche ? Cette dimension selon laquelle Van Gogh veut aller « plus loin » ? Ce fondamental de la peinture, et peut-être de toute la culture ?
Strong or frail in life, the painter is incontestably sovereign in his own rumination of the world, with no other technique than what his eyes and hands discover is seeing and painting, he persists in drawing from this world, with its din of history’s glories and scandals, “canvases” which will hardly add to the angers or the hopes of man – and no one complains. What, then, is this secret science which he has or which he seeks? That dimension which lets Van Gogh say he must go “further on”? What is this fundamental of painting, perhaps of all culture?
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p25
Ce n’est pas en quelques mois, ce n’est pas non plus dans la solitude qu’un peintre entre en possession de sa vision. La question n’est pas là : précoce ou tardive, spontanée ou formée au musée, sa vision en tout cas n’apprend qu’en voyant, n’apprend que d’elle-même.
It’s not in a few months, or in solitude, that a painter comes into full possession of his vision. But that is not the question, precocious or belated, spontaneous or cultivated in museums, his vision in any event learns only by seeing learns only from itself.
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